Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Je signe encore un départ, celui qui annonce les vacances, pas les miennes mais celles des enfants que je m'apprête à encadrer tout ce mois de juillet. Avec pour fief Bayonne, un séjour qui promet d'être aussi intéressant qu'éprouvant. Qu'à cela ne tienne, bien qu'anxieux, je suis impatient d'y être. Les connexions jusqu'au 1er août se feront rare et mes nouvelles encore plus. Je ne sais pas quoi ajouter. Je n'aime pas dire au revoir, alors bien à vous.
Un deuxième tour de Corse, ou peut-être un premier.
Terre de contrastes, trois semaines pour s'en convaincre. Avec moi, un compagnon, enfin une, elle, celle qui partagea tout dans ce petit bout de vie, d'aventures poignantes, semblable aux meilleurs
moments de la vie, des heures intarissables, celles qui filent et nous glissent entre les doigts, celles qui ne lassent pas et qu'on ne rattrapera jamais. Au départ de Toulon le 3 juin, au petit
matin après une courte nuit à l'hotel, la seule qu'on se sera autorisés et au bout de la traversée ; la Corse. Une arrivée à Ajaccio, progressive avec la déclinaison des îles sanguinaires à
l'entrée de la baie, c'était comme si la montagne sortait de la mer. De là, nous avons commencé un enchainement de destinations voulues diverses variant les plaisirs de l'île et dans le sens
arbitraire qu'est celui des aiguilles d'une montre. En fait pas tout à fait mais j'y reviendrai. Nous partons donc sur une base de deux nuits dans chaque camping associé au lieu pour lequel nous
accordons plus d'attention, armé de notre fidèle guide du routard dernier cru. Nous ferons dès lors escale à Porto-Ota, Calvi, St Florent, Bastia en contournant par le Cap Corse puis Corte
et les gorges de la Restonica, Calacuccia et le niolo qui font face au Monte-Cinto (point culminant de l'île) et enfin le grand sud Corse avec Porto-Vecchio où nous terminerons notre route avant
l'ultime étape du retour. Evidemment, une telle énumération ne signifie rien, n'évoque que l'ennui pour celui qui l'écoute en face de son interlocuteur passionné mais peu communicatif. Alors
qu'est-ce que j'en retiens au final, qu'est-ce qu'il faut partager? Comment expliquer ce que l'on vit loin de chez soi dans un éloignement relatif et qui plus est court dans le temps.
La côte ouest est magnifique, les paysages et
les villes côtières sont un concentré de splendeurs. Une "route" la longe, enfin "route" est un bien grand mot. Chemin aménagé conviendrait mieux. Comme beaucoup de ces "routes" Corses, elle est
sinueuse, étroite, parfois à flanc de falaise, truffée d'éboulis rocailleux et notamment peuplée par des vaches semi-sauvages, et même aussi des brebis égarés mais c'est plus rare. Au fil de nos
escales ; mini-séjours d'une durée approximative de deux jours/deux nuits, un pour arriver, en général après deux heures à 40km/h de moyenne sur les "routes" en partant de préférence tôt le matin
et un supplémentaire pour découvrir davantage ou lézarder misérablement sur le sable chaud en fonction du mercure. Après deux semaines à courir ici et là, nous arrivons à Porto-Vecchio alors qu'il
nous reste une semaine à voir lentement mourir dans notre voyage et nous qui n'en étions pas loin non plus. Rythme soutenu oblige. Nous décidons alors d'y planter une dernière fois notre domicile
non fixe. Nous prenons une demi-journée pour aller nous offrir Bonifacio et sa citadelle de bonne heure, donc avant le flot de touristes. Un régal. Sans pour autant dire que c'était une erreur,
j'ai quelques regrets d'être peut-être aller trop vite pour attérir, échouer même à Porto-Vecchio en dernier lieu. Porto-Vecchio c'est l'incarnation de tous les plus beaux clichés du littoral
corse, la mer d'un bleu clair presque limpide, immaculé, des pins parasols (les cocotiers c'est pour les Seychelles), le sable fin et blanc, un temps magnifique, la chaleur de l'été...
Bref un petit paradis. Mais en apparence seulement car le monde qui envahit cet endroit, fort de sa réputation, les cohortes de touristes parvenus ou pauvres, qui s'émerveillent devant des yachts
de leurs élites sociales, idôles modernes pendant que ces derniers les regardent depuis leur ponton lêcher une glace, comme le font des fauves en cage. Tout cela m'est apparu infernal. Les
plages de palombaggia ou Santa Giula parmi les autres, sublimes au demeurant sont victimes elles aussi de l'affluence monstre. De plus tout est cher, parfois prohibitif, ça va des "parkings" devant
la plage aux produits du coin. Tout est bon pour sucer jusqu'à la moelle ceux qui passent par ici. Pourtant je le savais, comme quiconque mais désormais je m'en insupporte de plus en plus. Je
peux ainsi prétendre avoir été largement plus séduit par les vaches et les cochons des montagnes et des terres plutôt que les ânes et les moutons plagistes. Ceux qui sont du genre à laisser
avec désinvolture trainer leur pied sur le tableau de bord de la voiture ou à travers les vitres. C'est agréable de ramasser ses orteils dans son oesophage quand on rentre dans un de ces
congénères. Ils sont aussi de ceux qui transpirent la graisse à traire parce qu'ils aimeraient écrire, en vain, sur leur front : je suis parti bronzer en Corse, what else? Ou encore de
ceux qui s'achètent la panoplie de l'attrape-touriste ; casquette, serviette, autocollant, housse pour téléphone, j'en passe. Tout ce qui n'est pas palpitant à mon sens.
C'est fini, je tire un trait sur ma vieille
bagnole, celle que j'ai trimbalée et vice-versa, ici et là. Je l'aimais bien, mais quant à elle, ses preuves d'affection paraissaient moins flagrantes. Surtant quand la boite de vitesse m'a laché
sur l'autoroute A43. Obligé de retenir manuellement la 5ème avant que le substerfuge même, ne fasse plus effet. Sacré garce, je t'aimais bien tu sais. Je t'ai fait voir l'Espagne, le pays basque,
Mimizan, la côte d'azur, Lyon en long, large, travers... En travers, oui. Je t'ai même gardé deux hivers à la montagne où là je reconnais que je t'en ai fait baver. Les 50cm de neige sur le toit
enlevé au balai ou à la pelle, les serrures que j'ai bloquées à l'aide du froid, les portières gelées que je refermais à coup de pied ou encore quand j'ai embrassé la rembarde de sécurité en bois
dans ce fameux virage, tous deux plein, toi d'abrutis et moi d'alcool. Tu t'en souviens, j'en suis sûr. Oui tu vas me manquer. Quand je pense à tout le fric que tu m'as coûté. Et moi qui te vends
pour 550€, 5 billets verts même pas 6, à cette personne qui m'inspirait peu confiance. Mais le berceau de crémaillère branlant, la carrosserie quelque peu viellie et nombre
d'imperfections qui te rendaient unique ne sont pas réelles monnaies d'échange dans ce monde. Quand je vois que ton nouveau propriétaire m'appelle encore à propos de ta boite de vitesse qui
craque à pratiquement tous les rapports. Dis-lui que je ne compte pas lui répondre, j'ai pris mes précautions administratives pour que pour nous, pour notre adieu, ce soit irréversible. Je sais,
je crains mais moi aussi j'ai mes raisons que les voitures ignorent. Bien à toi.
Pas mal d'alcool, un concert de métal bien régressif, dix potes réunis, voilà quel était le programme du week-end dernier. Je n'aurais pas cru qu'on puisse se réunir pour une telle occasion. A croire que le métal est un des derniers vecteurs de rencontre, à moins bien sûr que ce ne soit qu'une pure coïncidence. En première partie ; bad chickens et god damn. Respectivement punk rock et trash métal. Désolé pour les puristes. Il faut bien admettre que je ne fais que répéter ce que j'ai lu ou entendu. Le trash, en l'occurence était vraiment bien lourd sans être brouillon, un grand moment. En parallèle au bar, on distribuait généreusement - contre des euros, n'hallucinons pas - miam-miam (1,5€) et glou-glou (2€). Comprenez jambon-beurre de 15cm et bière pression de 25cl. Toutes proportions non gardées, quelques peu ridicules, d'ailleurs. En dernière partie, tant attendu, c'était bien sûr le génial groupe ultravomit qui entrait en scène. Totalement inutile, du grind parodique bien gras. Le délire était au rendez-vous avec les désormais légendaires titres : "croute de pue, prout de cul", "darry-cowl chamber", "jack chirac" et bien d'autres. 3h30 plus tard, retour progressif de l'audition puis retour tout court. Mais je peux en tous les cas prétendre que je préfère collectionner les canards (vivants) plutôt que les merdes de l'eurovision, surtout que cette année c'est le dessus du panier qui a remporté le trophée. On constate un sacré contraste entre la musique et la musique induite. Tout un paradoxe.
Après plusieurs jours ailleurs, c'est toujours
pareil. On a la brève sensation d'avoir vécu quelques choses d'autre, de mieux. On s'est crevé mais ça vallait le coup. On reviendra voir à quoi ça ressemble dans plusieurs années, juste comme
ça. Helsinki, ça signifie "la fille de la Baltique" et c'est beau en long, en large, en travers, à pied, en bâteau, en tram. J'ai peine à croire que je puisse tirer quelques conclusions que ce soit
sur ce pays et le faire serait une grossière erreur. Je me pose des milliers de questions, voilà tout. Et je n'ai en réalité satisfait qu'un désir de surface. J'ai rencontré quelques personnes, des
hotesses la plupart du temps, le patron de l'auberge, des serveurs auxquels j'ai baragouiné un Anglais médiocre qui m'a permis de m'en sortir, une fois de plus. Helsinki est une capitale européenne
qui respire l'argent, globalement tout est cher, l'alcool particulièrement (paye ta référence de prix). Une raison à ça ; il est vendu exclusivement dans des magasins d'état. ça contrôle le fléau.
Heureusement, il y a la bâteau reliant Tallinn ou Stockholm qui permet une recharge efficace et peu onéreuse en denrées alcooliques et tabacologiques, éventuellement aussi alimentaires.
Tallinn est une ville beaucoup plus nuancée. On se sent oppressé quelque part et c'est étrange. A côté de ça, la jeunesse dorée ne connait pas de voitures plus petites et moins puissantes qu'une
audi S4 ou une porsche cayman. L'ensemble demeure autour ou à l'intérieur de fortifications. Je ne saurai dater l'époque avec certitude. L'influence orthodoxe du 19ème siècle y est omniprésente.
Pour revenir à Helsinki, je dirai qu'il est nécessaire de vivre des expériences nocturnes pour aller à la rencontre. Helsinki by night lorsqu'on s'aperçoit qu'ici encore, ce pays ne conçoit la
bière que sous la forme de pintes ou de formidables. Les Finlandais sont beaucoup plus ouverts une fois ivres morts. D'ailleurs ça se décline
volontier au féminin. A ce propos, ils s'émerveillent à chaque fois de rencontrer des Français "Oh, from France, really?!". Nous sommes pour notre part repartis un dimanche, pendant que la
ville sommeillait, en jalonnant les flaques de vomis. J'aime l'ambiance des aéroports même si je ne l'explique pas. Bien à vous.