"4 - 19 août 2008" : c'est la représentation sur le papier des dates extrèmes du séjour que je m'apprêtais à encadrer. Quinze adolescents, deux animateurs et une
directrice chiffrent la dix-huitaine d'acteurs du voyage. Pour l'instant, rien de bien palpitant dans le dossier mais l'important c'est évidemment ce qu'on en fait. La direction
départementale jeunesse et sport (DDJS pour les intimes) demande un itinéraire plusieurs mois avant le départ. La décisions des jeunes (alors absents, sans blagues?) que nous défendons et qui n'a
pu faire valloir et faire profiter ses idées se trouve alors quelque peu baffouée. Alors on estime, on projette, sans réelle conviction, c'est le politiquement rigide qui veut ça. Evidemment
la réalité est toute autre. L'imprévisible dont on prétend plus ou moins légitimement maîtriser, prend part à l'aventure et c'est justement l'intérêt. On part fort de certitudes et d'envies et même
préparés, tout fout le camp. Huit bagages seront perdus à Glasgow .La faute à l'escale d'Amsterdam nous dira-t-on, pareille au retour au passage Cette escale, à priori logique et
d'ailleurs obligatoire compliquerait le travail des balanceurs* (*bagagistes) et paraît apparemment normale. Enfin normale dans le langage d'un aéroport. Pour un être humain,
c'est pénible et insupportable. Et finalement la perte d'un bagage permet de relativiser sur le reste. L'angoisse dans toute sa splendeur matérielle prend le dessus sur le reste et
immobilise toute autre forme de pensée. Pratiquement tous les bagages réappaitrons dès le lendemain (au pire le surlendemain), mais en l'occurence le mien n'arrivera que cinq jours après
qui se tranformereront vite en dix ne pouvant pas les récupérer immédiatement (pas d'adresse fixe, campement très éloigné). J'adresse pour l'occasion un grand merci à "Glasgow airport"
et sa remarquable injoignabilité et à cette barrière de la langue qui m'a certainement contraint à ne rien dire d'intelligiblement insultant. Tout commençait bien, c'est ce que vous
voudrez bien comprendre.

Et pourtant l'Ecosse a son
charme, dans son opposition entre lowlands et highlands (notamment, je ne suis ni géographe ni sociologue). Glasgow occupa notre temps les deux premiers jours. Cette ville est constamment en
opposition avec quelques éléments anciens d'époque médiévale par exemple et nouvelle ville à travers la reconversion indutrielle et une sorte de néo-modernisme ambiant qui donne
lieu à des prix d'architecture. Hélas, il pleuvait ces deux jours-là. Comme un peu tous les autres. Sans caricaturer, en Ecosse il semblait pleuvoir au moins (qu'est-ce qu'au plus?) tous
les jours. Comme si le sort s'en mêlait et réclamait au moins quelques gouttes journalières. On s'y fait, je dois dire. Comme on se fait à la conduite à gauche, aux miles/yards/feet/oz qui nous
absorbent. Cependant, on se fait moins aux caméras omniprésentes et à l'état policier en général mais ce sont les aléas de la destination et bien sûr nous n'avons pas le choix et n'y pouvons
rien. Nos autres destinations furent les suivantes ; Fort william et le Ben Nevis, plus haut sommet d'Ecosse avec ses paysages incomparables et hélas aussi fief
touristique ; merci au passage pour le contrôle policier sur l'A82. Oui merci, ma voiture fonctionnait, avant que je ne ruine mon rétroviseur droit le soir même contre celui d'un
camping -car allemand. Aléas matériels irréparables. Au royaume uni la réparation des voitures est à mettre en parallèle avec le soin des personnes, c'est à dire quelque peu inexistant. Les gros
garages ne réparent jamais les renault trafic et les maisons médicales refoulent quiconque n'est pas admissible pour les "dispatcher" dans les hopitaux ou autres épiceries fines (pharmacy, in
english) pour y faire nos affaires. Au pire on achétera un appareil photo jetable si l'on ne trouve pas notre bonheur. Ensuite, sans transition, ce fut l'île de Skye
dans le nord ouest qui marqua réellement le voyage, des paysages splendides voir inoubliables, une nature inébranlée si ce n'est cette route qui contourne l'endroit. Une escale
pleine d'escapades et randonnées potentielles. Après cela, Inverness rythmé par un festival dénommé "highland games" et heureusement, la ville suscitée et impulsée plusieurs mois auparavant s'est
avérée être plus une étape qu'une réelle destination. Enfin nous terminions par Edimbourg, capitale et accueil du festival estival qui comprend, musique, théâtre (aussi de rue), opéra, cirque,
autres et bien sûr arnaques par milliers. Edimbourg n'est pas seulement une capitale, c'est un musée médiéval tant les monuments sont nombreux et intéressants. Je pense que j'aurais pu passer
plusieurs jours juste en gardant la tête en l'air pour admirer le spectacle. Au lieu de ça, j'ai acheté un faux kilt dans une boutique pakistanaise, comme quoi. Alors forcément je garde des bons
souvenirs. Pourtant, je n'ai presque pas parlé de mes compagnons, qui furent pourtant extrèmement intéressants et pour qui je garderai une trace intarissable, sincèrement. C'est assez rare pour le
mentionner. J'ai adoré ce groupe. Spécialement aux êtres hantés par Saint-Valéry sur Somme. Non L'Ecosse n'est pas une transposition de cette dernière! Quinze jours sont passés avec son lot
d'évènements, culturels et surtout relationnels (et aussi touristiques dans le mauvais sens du terme. L'éponge a été bien essorée. L'Ecosse le voulant et les exemples sont nombreux pour les curieux
du voyage..) et j'en sors je l'estime grandi.

Me voilà dès lors revenu dans une réalité plus ou moins stable. En fait aucunement, je transite voilà tout. Je suis comme ces égarés dans les gares ou les aéroports, le sac plein mais pas
autant que le coeur, qui ne perdent jamais espoir d'aller où le vent les souffle, où l'envie les mène. L'avenir me verra partir encore, plutôt deux fois qu'une.