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Vaut bien le détour.

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Tu nécessites des soins.

Vendredi 5 juin 2009

L'intérêt majeur du domaine de Lacroix-Laval se situe dans sa valeur implicite de communication ou de rencontre. Pour ma part, j'y croise en semaine des inactifs de mon espèce ou de diverses autres venant la plupart s'y promener, certains s'y prélasser dans l'herbe jaunie par la chaleur de ses échanges avec l'humanité, des landaus, des vieillards se confrontent aux hautes températures, des coureurs avertis ou débutants tournent et détournent tout comme moi. Nous avons cette particularité d'être les éléments les plus rapides de l'endroit - plus rapides que le petit train ou les calêches - et nous sommes observés ou le croyons, d'ailleurs tout ce narcissisme craint volontier. Les microcosmes sont effrayants car les possibilités de fuite sont moins nombreuses que dans l'espace réel. Peut-être que finalement je cours pour m'échapper. Parenthèse pour le dimanche qui transforme toute personne ou presque en visiteur ou explorateur potentiel du parc, ce qui engendre des séances de slalom entre mannequins mobiles et leurs animaux ou enfants, ce qui s'avère complétement différent des autres jours.



J'aurais le temps de réfléchir à ce tas d'inepties scabreuses sans aucun sens quand j'irais la semaine prochaine, lundi, me baigner dans l'océan Atlantique, c'est tout de même l'avantage de ladite inactivité. Le plaisir de ne rien faire ou le besoin de faire.

Mais avant toute chose, il nous faudra voter pour notre belle Europe, sujet que j'aurai pu développer avant le thème des parcs de loisir (l'égalité du désinvestissement  globalisé m'émeut). Enfin quand j'écris qu'il faudra, c'est un abus de langage car vote qui veut, enfin les citoyens, les bons, ceux qui usent de leurs droits et devoirs. Un jour viendra où l'absence de son utilisation deviendra payante (comme en Belgique). En fait, je ne suis pas persuadé que cette parodie de démocratie s'avère payante ou du moins sensée. Je prônerai plus à l'inverse la mise en place d'une autorisation de vote, d'un permis pour ceux qui se soucient réellement de par leur curiosité et/ou leur connaissance en la matière ; sorte d'aristocratie du mérite très anti-démocratique, voulue et assumée. Je pense que ça pourrait être très drôle. J'attends finalement ça autant que le référendum sur l'entrée de la Turquie dans l'Europe (pour qu'enfin ressorte toutes les vieilles rancoeurs dénuées de sens et emplies de xénophobie déguisée en théorie géographiste) et puis peut-être l'instauration des suppressions de salaire en cas d'absentéisme des députés pour lesquels nous votons. Un jour, peut-être, avec un brin d'exigence pour ceux qui nous dédaignent et pensent nous contrôler.

Par Bado
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Samedi 30 mai 2009
Quand on n'écrit plus sur un blog, certains s'attardent à penser que c'est parce qu'il n'est plus d'actualité ou qu'il ne sert plus à rien. Alors qu'en réalité, mon actualité de ces deux derniers mois était inversement proportionnelle à ce que j'ai pu construire à l'écrit et que dans tous les cas, tout ça n'a jamais vraiment servi à grand chose.

La saison s'est terminée depuis un bon mois déjà, pour la dernière fois car je n'y retournerai plus dans le cadre d'un emploi (ou d'une utilité, c'est synonyme). Je suis victime de l'appel du résolument construit. J'expliquerai ça par le fait que j'entrevois l'avenir (plus qu'au jour le jour ou à la nuit la nuit). J'ai même des projets, pour cet été, suite à l'obtention de ma base BAFD (formation des directeurs de colo auxquels vous confiez vos enfants), je vais tenter de valider un premier stage pratique, ça occupe et c'est intéressant de penser qu'il n'est pas trop tard pour stopper la croissance de la bêtise du monde adulte à travers la rencontre de différentes populations. Puis à la rentrée, la faculté me rouvre ses portes enfin c'est ce que je prévois. Pour ce faire, j'ai besoin d'un accès en deuxième année de psychologie (ayant validé une première année en science du langage et en anthropologie, ce qui n'est certes pas la même chose mais c'est toujours un an sur les bancs ou dans la rue, selon les époques) afin à la fois d'éviter la foule des premières années pas toujours passionnées et attentives à part à ce que la bourse chute bien sur leur compte de petit branleur qui financera la 8.6 et la mauvaise herbe et puis pour ne pas perdre encore une année (étant déjà à la bourre de 5 ans). J'en entends certains penser à voix haute mais surtout inintelligible que le seul avenir que je m'octroie à l'université est un numéro pôle-emploi à 8 chiffres et 1 lettre (que d'ailleurs j'ai déjà) mais quand bien même puisque j'ai envie d'apprendre et de m'intéresser pas forcément de trouver du travail qui soit dit en passant les autres cursus ne trouveront pas nécessairement mieux (mis à part les boulots de merde ou en contact avec la dite, merde. Personnellement je connais, j'ai testé pour vous).

Pour terminer ma mise à jour, j'ajoute que j'ai un projet littéraire qui risque de se faire attendre (ou d'attendre si je postule que personne n'en a rien à faire) et que je vais bien, je prends toujours mes médicaments et je fais du sport. N'est pour autant banalité que l'humeur que l'on y adresse.
Par Bado
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Jeudi 12 mars 2009

Mercredi 11 mars 2009, il est 12h15 quand une avalanche se produit au dessus du télésiège des inversins. L'alerte est donnée par l'un des miraculés parvenu jusqu'à Valmeinier. A 12h50 j'apprends la nouvelle à peu près en même temps que toute la station. Au départ j'ai cru que la coulée avait dévalé jusqu'aux pistes. En réalité c'était 300m de dénivelé plus haut, en direction du col des marches. On raconte qu'ils sont 7 bloqués dessous. Très vite c'est l'ébullition, les hélicoptères tournent tout autour de la station, moniteurs, pisteurs et personnel des rémontés sont appelés pour préter main forte. Les camions de pompier et véhicules de gendarmerie n'arrêtent pas d'affluer. Finalement c'est une caravane humaine qui part à leur rescousse, l'endroit étant inaccessible par hélicoptère, les nuages sont épais. A 16h15, les secours arrivent enfin sur place pour tenter de les retrouver, les randonneurs étant tous équipés d'ARVA c'est chose possible. Mais malgré leurs efforts, quatre personnes sont mortes dont le guide.

Evidemment, la stupeur et l'incompréhension demeurent à ce moment-là. Qui sont ces gens qui prennent le risque de partir dans cet endroit bien connu pour son danger, où déjà d'autres y ont laissé la vie comme  pour avertir les imprudents suivants? Les conditions ne s'y prétaient pas ; risque d'avalanche de 4 sur une échelle qui va jusqu'à 5 dû aux récentes chûtes de neige (entre 50 et 100cm à cette altitude), une amplitude de température importante en cohérence avec la saison et une météo qui laissait peu de visibilité. Qui plus est, ce sont des élèves, certes en ski étude, expérimentés sans doute dans ce genre d'exercice mais des adolescents tout de même. Mais oublions les suppositions maladroites, laissons les enquêteurs faire la lumière sur les circonstances et les familles pleurer leurs disparus.

L'histoire pourrait s'arrêter là et je l'aurais souhaité de tout coeur. Mais connaissant l'engoument des médias pour le sensationnel et les affaires où la peur peut être exacerbée à dessein, j'en doutais. J'appelle ma famille en amont pour éviter de les inquièter. En soirée, tout s'emballe, ce sont des convois de gendarmes qui font le tri avant d'entrer dans le village. "Où est-ce que vous allez? - Valmeinier 1500 - Très bien, vous pouvez passer". Quand j'allume la télévision, je comprends ce qui se passe. Valmeinier à la une dans toutes les éditions, en boucle, même à l'étranger parait-il. On émeut les chaumières sans réels éléments si ce n'est la dangerosité de la montagne, le péril du groupe et l'incompréhension d'un tel périple.

Qu'est-ce qu'il faut retenir, quelle réelle information? La montagne prend aussi ceux qui la respectent et l'aiment, inlassablement, chaque année. Les gens qui vivent ici depuis longtemps le savent bien et nous le disent à nous autres, béotiens, nous avertissent. Alors on analyse, on tente de comprendre celle qui nous anime, nous procure ces plaisirs de liberté. On abandonne parfois lorsque le danger demeure trop important. Les personnes qui se rendent au col des marches ou à roche noire, tout près, n'appartiennent pas au commun des mortels. Ce sont des chevronnés alors il semble inutile d'alarmer les foules sur la montagne en général. Ici nous parlons bien de haute montagne.

Aujourd'hui, hommage aux victimes, les grands de notre monde viennent se montrer parmi les voyeurs, rapaces et malheureuses familles qui aspirent probablement à la tranquillité dans leur deuil. Une caméra de télévision n'a pas sa place devant une chapelle, sachez-le. Nous n'en savons pas plus mais tous ces signaux de fumée permettent au moins de ne pas s'intéresser au reste.

Je doute que l'on puisse jamais résoudre ce qui demeure peut-être simplement un accident, aussi malheureux soit-il. Alors simplement, j'aimerais exprimer mon respect aux victimes et à leur entourage, bien à eux.

Par Bado
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Jeudi 5 février 2009

"Et soudain les vacances de février sont arrivéés et tout a fichu le camp". Cela pourrait exprimer les dernières pensées d'un travailleur saisonnier avant que la balle de son 44 magnum ne le transperce de part en part.

Effectivement, la masse de touristes français qui survient pendant ces quatre semaines, forte de faire vivre à elle seule pour grande partie les principaux acteurs de leur épanouïssement glissant, les fatigue tout autant, mettant leurs nerfs à rude épreuve. Oui car si nous résumons, mal, forcément, je tranche dans les nuances ou fais preuve de mauvaise foi, c'est encore meilleur.

Le vacancier débarque avec sa femme et ses enfants sur la montagne. La route fut souvent longue, pénible, chère. La carte bleue n'en finit pas de brûler, en plus cette année, la crise nous est annoncée de là-haut, des puissants, alors le sacrifice paraît encore plus important, financièrement. Ensuite, c'est la queue pour les forfaits, il faut aussi s'installer dans l'appartement, mais pas avant 16h. Et oui, le nettoyage a lieu de temps en temps. Alors on vient récupérer ses skis (réservés au préalable sur Internet. Avec -40% en février : merci au passage pour l'appréciation -bien revue à la baisse- de la valeur de notre prestation), et c'est là que j'interviens. Vous me sortez votre réservation mais il y a des changements. Gérard a pris la place de François, qui ne fait pas la même pointure. Jean-Louis prendra finalement des mini-skis et tout le monde voudra essayer le snowboard (et se faire un poignée) le dernier jour... Si c'est possible. Vous vous étonnez que le matériel ne soit pas mis de côté (pour les mêmes raisons que votre fluctuation), que la couleur des skis ne soit pas la même que sur le site, que vous deviez retirer une des chaussures que vous venez d'essayer (ou la 4ème ou 5ème pour les plus indécis) afin de règler vos fixations, que l'on vous demande votre poids ou encore une caution pour le matériel, qu'il ne faille pas de batons pour vos enfants qui vont au jardin, que les skis ne sont plus neufs (oui on a préféré les sortir plusieurs fois comme on les loue. Question de rentabilité)... Et ainsi de suite. Après vous sortez manger une crêpe avec une bière bien fraiche, en terrasse même s'il neige, vous inscrivez vos enfants à la garderie ou aux cours de skis à l'ESF pour être tranquille, seuls et libres d'arpenter la file d'attente des remontées mécaniques avec vos milliers de semblables, par tous les temps, quoiqu'il advienne, vous montant les uns sur les autres sans jamais faire attention au matériel ou à autrui. Vous casserez ensuite les batons sous le télésiège, en perdrez un en répondant au téléphone ou en briserez éventuellement après une chûte. Vous vous ferez peut-être mal avec cette dernière et vous ralerez quand on vous facturera le secours, comme quand vous rendrez les skis massacrés après avoir traversé la route, leur reprochant de ne pas bien glisser (neige molle) ou de ne pas bien accrocher (sur la glace). Puis vous repartirez, délestés d'environ 1500 ou 2000€ en fonction des plaisirs que vous aurez décidés de vous accorder : restaurants, balades en raquette, habillements, cuite... Ah non, ça c'est exclusivement saisonnier en février, lorsque nous fêtons la fin de votre arrivée, nous avons cinq soirs pour ça, ce qui nous différencie de vous qui n'en avez que deux. Dans les deux cas, chacun attend la fin de quelque chose et nous voilà bien pareil et misérable dans notre sacerdoce. Mais quand bien même, le mien s'arrête quand le votre reprend et ne dure pas toute ma vie mais quatre mois.

Vivement le printemps.

Par Bado
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Vendredi 9 janvier 2009
Non je n'écris pas une seule fois par mois, c'est une idée. Quelque part par ici, la vie va, parfois mieux. Je m'expose et j'entreprends. Les choix s'avèrent plus simples, l'existence un peu plus parallèle au quotidien, dans une marge soignée, travaillée ou peut-être au contraire dévastatrice mais en beauté. Un sourire et tout s'en va, les émotions faciles et je vais bon train vers l'ailleurs, dans son oubli. Que se passe-t'il? Rien. Sinon tout. Justement, démultiplication des sensations, des passions. Je vis par procuration des envies, le reste en sus, pour voir. Je ne déguste pas, j'exulte en liesse. Saveurs, s'il vous plait. Rien n'appartient à rien, tout pour tout, qu'importe dans tout ce qu'il existe de plus fou, flou.
Par Bado
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Mercredi 10 décembre 2008

C'est reparti pour un tour. Valmeinier 1800 m'attend ainsi que la neige, le magasin dans lequel j'exerce, les saisonniers, l'appartement, les relous, les sympas, les vacanciers quoi. Oui car la dénomination "saison d'hiver" suscite souvent la réaction suivante : "et t'es moniteur de ski là-haut? - non je suis skiman" réponds-je alors. Pour installer le contexte, il est nécessaire de comprendre le fonctionnement d'une station de ski. On peut aisément la comparer à une société à petite ou à grande échelle et dans laquelle, logiquement, la seule prise de cours de skis/surfs avec les "Dieux" rouges ne suffit  pas à la faire fonctionner. Chacun a sa place dans cette grosse machine. Et si je conceptualise à outrance, je dirai que nous sommes là, à valeur égale, dans le but de faire rêver les foules, de partager avec eux l'amour pour la montagne et les activités qui lui sont liées. En l'occurence, je m'occupe de louer des skis aux touristes peu ou pas équipés (d'ailleurs je suis plus attitré aux chaussures, que je préfère allégrement... Ah les goûts et les couleurs), de les entretenir, de les réparer, de vendre un peu de matériel, etc...

Evidemment le travail en lui-même bien que relativement intéressant n'explique pas à lui seul l'engouement de cette satisfaction répétée à signer saisons après saisons. Dans cette station, et particulièrement dans celle-là, demeure une atmosphère difficilement explicable pour ceux qui n'y sont pas initiés et qui nous rassemblent, nous ressemblent aussi. Nous sommes aussi éphémères que cet or blanc qui fait vivre toute cette région, parfois peu reconnus mais peu importe encore une fois. Pendant quatre mois, j'aurai cette opportunité extraordinaire (et c'est le mot juste) de vivre à fond les sensations uniques d'une glisse sur toutes les neiges, tantôt poudreuses, façon "moquette", bétons, ou encore bien lourdes, d'en user d'en abuser en laissant sa trace à grande vitesse, ou de s'abîmer sur plus accidenté, de respirer l'air pur laissant présager les journées "grand soleil", de créer du lien entre nous tous, d'évoluer dans une vraie communauté... Et j'ai hate, j'attends d'ailleurs ça depuis 8 mois. Désolé si je vous ai faits baver. Et enfin si vous voulez toucher du doigt ce que je vis, faites un saut me voir. Enfin je dis "me voir", vous verrez bien ce que vous voudrez.

Par Bado
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Vendredi 5 décembre 2008
Hier, soirée cinéma aux nacelles à Annonay avec celle qui m'accompagnait et qui nous transfigurerait presque en rôle titre. Le film appartient au genre "ciné passion" par extension, culturel en somme ; ces derniers qui furent le prétexte de la création de la carte M'RA en Rhône-Alpes (plusieurs entrées gratuites pour collègiens et lycéens) et que les mômes feraient mieux d'aller voir plutôt que les innombrables daubes présentées en masse dans le paysage cinématographique. Il raconte l'histoire d'un homme un peu habité, un peu dérangé, adolescent de la trentaine, photographe à ses heures qui rencontre deux femmes lui ouvrant deux perspectives distinctes d'avenir. L'une est celle de la raison, la brune, incarnant la stabilité et la simplicité. Elle demeure de plus, à travers leur relation, l'arrangement économique entre les pères par la fusion de leurs entreprises et l'avénement d'une vie professionnelle respectable pour lui. L'autre, blonde, symboliserait à son tour la passion, d'une force complaisante et destructrice mais volatile, l'amour impossible entre deux torturés. Le film nous rappelle nos propres choix, cet éternel dilemme entre ce que l'on sera et ce que l'on serait. Des bons acteurs (Joaquim Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw), une bonne réalisation (James Gray) et nos regards emportés par l'expérience ; qui ne sont pas ceux de critique cinéma mondain, et ça doit se sentir (voir plus haut) mais aucune importance.



Le vrai problème que suscite ce film à mes yeux ; c'est qu'on se permette de me dire sur un ton paternaliste avant de déchirer mon ticket  "Vous savez que le film est en VO?". Je dois sûrement représenter le contre-pied du public attendu ; proche des quinquagénaires voir un âge plus avancé encore. Toute discrimination confonfue, après tout ce n'est qu'une remarque, pour guider mes choix.
Par Bado
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Mardi 2 décembre 2008

Qu'est-ce que la procrastination? J'utilise souvent ce terme pour décrire mon existence. C'est en fait la tendance à toujours remettre à plus tard ce que l'on pourrait faire immédiatement. Si je le remets dans mon contexte, on peut y voir une forme d'immobilisme, une peur de l'engagement, de la fainéantise, une complaisance dans le misérabilisme individuelle. Et tout un tas d'autres choses qui peuvent se retrouver dans cette énumération à tendance digressive.

 

La suite de cet état contemplatoire est sans nul doute la réaction, qu'importe le temps que ça prenne. Je ne sais quel déclic m'a permis d'avancer considérablement ces derniers jours, ces derniers mois mais je me suis aperçu que j'arrivais au bout du chemin et qu'il me fallait en emprunter un autre. Décider n'est pas renoncer. Je vieillis et je fais dans un même temps le deuil d'un bon nombre d'années pour construire ma vie. J'ai vocation d'évoluer et je ne le refuse plus. J'arrête de me mentir, ce qui est à mon sens la traduction la plus nette de l'assujettissement. Je m'interroge continuellement sur ce dernier d'ailleurs. Je me souviens avoir déclaré "chacun est libre de s'attacher à ses propres chaînes". Je doute désormais sur cette liberté que je crois intimement determinée, alors on l'arrange en la cachant. Fuir ou se cacher ; voilà ce qu'il en résulte. Ma dépendance m'a appris à ne plus me complaire ni dans l'un ni dans l'autre.

 

Mon actuel mode de vie ; l'emploi saisonnier qui est une forme de refus du contrat de travail à vie, aspire  à un manque cruel de reconnaissance (marginaux pour l'état - qui pourtant s'en use pour transformer la France en grand musée ou en grande station balnéaire- viles chômeurs potentiels pour l'ensemble des vrais travailleurs - bien contents d'être en vacances pendant que nous les servons) et suscite aussi le rêve d'un détachement aux réalités, sociales et matérielles. Pourtant je pense avoir vécu comme ça pour l'échappatoire et pour l'instabilité et non pour proposer une alternative à la vie "normale".

 

Le désordre demeure la négation de l'équilibre, illusoire et éphémère. Il est aliénant et ne répond en rien aux successives interrogations qui peuvent tarauder les hommes. Alors plutôt que de le chasser, je l'intègre et j'avance encore un peu plus pour peut-être un jour pouvoir comprendre, exister et jouir d'un réel changement.

Par Bado
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Mardi 25 novembre 2008

Attention le texte qui suit, use et abuse d'un vocabulaire propre à facebook.

 

Je suis un tantinet narcissique et j'assume, c'est mon principe. Avoir un compte facebook permet de développer à souhait ce penchant, différemment d'un blog (également un bon moyen). Maintenant tout irait bien dans le meilleur des mondes virtuels (possibles) si une nouvelle fonction ne venait pas pointer le bout de son nez vicieux. Un certain nombre de groupes émerge en promettant, après avoir invité quelques dizaines d'amis, d'identifier ceux qui viennent regarder notre profil. Le procédé (sorte d'évolution de la chaîne) existait déjà pour les paris plus ou moins débiles avec un élément généralement commun ; la nudité, pornographique ou ridicule. Admettons.

 

Mais dans notre cas, même si je m'imagine que tout n'est que vaste supercherie, je m'interroge sur l'intérêt. La curiosité est un défaut infantile, le voyeurisme, celui adulte. Pourquoi vouloir savoir qui s'intéresse à nous? Qu'espère-t-on satisfaire ou rassurer? Les millions de vies merdiques (oui, pour la plupart, soyons honnêtes) rassemblées dans le "trombinoscope" et qui quand bien même intéragissent entre elles - quoiqu'on distingue beaucoup de monologues dans tout ce qui est dit - se moquent bien des autres. Nous sommes des narcissiques, rappelons-le. Pourtant parfois, on navigue parmi les épaves et autres naufragés, à la manière d'un vautour, mais anonyme et donc libre. Rassurez-vous tout de même, je ne pense pas que beaucoup changent leurs habitudes parce qu'ils pourraient être un jour démasqués.

 

Alors finalement, bien que déçu, je crois que je souris à l'idée qu'une belle idée puisse s'autodétruire avec ses propres armes. On se tire un bon coup dans le pied et on court mettre les photos, et au bout de 10.000 personnes dans le groupe, on se fait l'autre, c'est promis.

Par Bado
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Dimanche 23 novembre 2008

Je suis de retour depuis hier. J'aimerais raconter en détail mon périple mais je n'y arrive pas. J'ai des souvenirs plein la tête et surement pas le recul nécessaire pour l'exercice. Peut-être l'aurai-je après quelques jours passés tel un poisson dans l'eau ; de son bocal. L'enfermement tue. La vie recommence, le quotidien, le temps qui ronge. Si je devais réduire le voyage à un seul évènement, ce serait sans doute l'échange d'informations entre l'aubergiste et ceux qu'il reçoit pour une ou plusieurs nuits. C'est bête mais c'est marquant, et représentatif. Ce moment permet de se rassurer en sachant où l'on dort et comment. Surtout comment, et pour combien. On se remémore son Anglais approximatif grammaticalement que l'on a retenu du collège pour s'exprimer et questionner, puis comprendre (anecdote parlante d'une autre Française qui s'est exclamée : "Putain comment on dit petit-déjeuner déjà?!"). Une fois le paiement effectué, on a le droit d'aller profiter du paysage, plus sereinement. A défaut, on dort dans un local de retrait d'espèces automatique. Mais il faut savoir se satisfaire de chaque expérience pour en apprécier les vertues.

Par Bado
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