Hein?

Errance et mots clefs :

"achete vomitif a l'étranger", "viole par deux ouvriers sur un canape", "virus de l'hymnes rend t'il steriles", "j ai perdu 5cm de hauteur", "déni collègue moins compétente", "la drogue les causes personnel,sociétable", "avalanche valmeinier", "faire une rédaction << je fais naufrage en mongolfiere…"

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Un peu de réflexion.

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Tu nécessites des soins.

Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 21:39

La vie, comme l'écriture, ça fonctionne probablement par déclics... Mais c'est aussi en narrant des évidences que l'essentiel demeure. J'avance bien peu...

Bon, ce que je voulais vraiment dire c'est que dimanche dernier sont mortes simultanément deux personnes. En fait, bien plus mais l'histoire immédiate en retint surtout une. Et que penser d'un monde qui s'attarde plus sur le suicide d'Astrid Herrenschmidt que sur la disparition d'André Green? Toute compassion gardée. Bien sûr, c'est triste mais je relève surtout que le sensationnel, à déviance glauque, a tendance à l'emporter sur le reste. L'essentiel dont j'ai parlé tout à l'heure.

Quoi d'autre? En fait rien, je dirai que souvent ce qui me vexe à pousser quelques caractères sur la toile ce sont les quantités non négligeables d'inepties qui troublent mes parages. Leur détestation. Des bousculades à l'entrée du bus jusqu'à des choses plus graves. J'insiste tout de même pour les fraudeurs en fringue de luxe qui vouent un culte à leur médiocrité plutôt qu'au collectif.

Les gens désolés par exemple, ceux qui s'enorgueillissent des sirènes de la consternation. La résignation, le mépris. Ou alors quand on fait semblant de s'intéresser à ce qu'on fait par ce qu'on dit. La médiocrité des pensées façon Perroquet, pré-mâchées par d'autres, préconçues par soi et mal digérés dans leur ensemble. C'est bien dans ces moments qu'on s'autorise à parler avant de penser plutôt que s'autoriser à se taire. Il y a aussi l'inutilité bien trop flagrante de l'emploi sur la fonction, le métier. S'échiner à en trouver dans la rencontre avec des cases trop étroites. La psychanalyse sur papier glacé qui fait indirectement de la publicité pour les astrologues et autres grands gourous. La visibilité médiatique par trop trompeuse.

Et en vrac... Les écolos tartuffes, les gauchos mégalos, les pensées fourre-et-bouche-trou, les micros blogs qui répandent de macros conneries, les profs qui rechignent à rester le soir pour inculquer à d'autres gosses le plaisir de savoir. C'est ça qu'être à 35€ de l'heure près. Comme les langues enseignées comme si l'on jetait du fumier sur les élèves... ça pousse tout seul. Apprendre à grandir c'est comprendre que d'autres signifiants élargissent le champ de la conscience... Et plus pragmatique, ça permet surtout de s'éloigner, par glissements successifs. Je parle donc je suis partout.

Les rituels de passage qu'infligent les plus érudits aux initiants, bêtes et béats. A force de tremper dans l'ignorance, on finit par s'en persuader. On entre dans la danse dans ce qu'ils s'imaginent grandiose. Mais la supériorité c'est creux et contextuel. Dans cette absurdité, ce sont des fonctionnements qui fabriquent des robots ou pire des bourreaux. On recommence en boucle, pour la génération suivante.

Bien sûr, les réponses factices aussi agacent. La fausse gravité du "ça va". Oui,mais "ça" ne change rien. Comme les formats weblogosphériques qui se prêtent mal aux nuances et aux descriptions. Quoique j'en aurai bien une pour l'inter compréhension.

Un bistrot à Montreuil, du style à accueillir Jérôme Deschamps les midi. C'est une soirée conte arabe traditionnel, genre mixité ethnique et sociale. Les grands projets. Je repère un couple assis à une table. L'homme se lève au bar pour commander, il ne revient pas. Je l'entends raconter à un ami sa manière de tromper discrètement sa femme. Celle-ci s'invite dans la conversation, mais elle prétexte seulement l'ennui d'être seule quand elle pensait être venue à deux. C'est cela l'enfer du minable des choses. Elle s'en va grincheuse avant de se rabibocher autour d'une bière et d'un clope. L'amour est en devanture de l'horreur, comme pour la roulette d'un magasin ambulant. Vitrine sur misère.

Alors il reste les digressions et le cynisme. D'ailleurs il serait peut-être temps de passer de l'autre côté du miroir pour écrire vraiment. Car à l'inconsistance, on répond souvent masqué, affublé d'une tonne de conformité, comme s'il fallait multiplier le rien par tout un chacun et se ressembler les uns les autres. On ferait tous pareil, on penserait tous comme il faut. C'est une espèce de renoncement, et davantage le contraire de la tristesse.

Bref, le discrédit de la pensée, des connaissances et leur contenant. Tout cela entraine morosité et inutilité, facticité de l'existence. On reste par adhésion systématique à la surface des choses, ôtant la sensibilité qui devrait être son relief. Alors on démissionne à la hâte, façon adolescent égaré, sans prendre la peine d'écrire correctement, droit au but, la contrainte moins le soin qui caractérise parfois le désespoir.

Par Cadavre exquis - Publié dans : crainte misanthropique
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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 13:29

switchalamyblog

Après quelques mois d’abstinence, je comptais écrire pour apposer la suite de l’histoire, que depuis 3 ans je m’échine à rendre. Recracher les gargarismes d’infiniment advenus. C’est une réflexion sur la continuité de soi. Avant je disais que ne pas prendre sur soi, c’était laisser la liberté aux autres de le faire. Maintenant je dirais conditionnellement. Je m’installe dans la position du pourquoi, assis jusqu’alors sur celle du comment.

Bribes immédiates d’un vide quotidien, qu’il faut remplir ou fouiller. Narration des élucubrations frustratoires comme l’écume des choses, un apparat qui illusionne. Renoncer se conjugue à tous les temps, tous les genres, tous les modes, toutes les personnes. Surtout ON, le pronom imbécile qui caractérise celui qui l’emploie. C’est l’histoire d’un désespoir tranquille, qui assène en douce, d’écrans qui réfléchissent nos difficultés d’être. Des nourritures terrestres, la tétée provient désormais de nourritures virtuelles qui dans la toute confusion nous ad-dictent1.

Dissout jusqu’à soi-même, on ne retrouve jamais que deux choix distincts ; se cacher ou fuir. Des destins futiles qui dressent des limites à l’esquive. L’errance en dernier recours, qui voudrait réduire le chemin parcouru à la mesure du déplacement. Se déplacer entre quoi et quoi d’autre, entre soi et qui d’autre ? L’immobilisme aussi rencontre ses fins, au fil des vicissitudes ; l’ennui, le regret.

Avec le temps, les rencontres à l’exponentielle se saccadent en réseau. Les copains en maternelle, deviennent des amis. Un succédané. En fait, autant qu’ils se figent sur la toile, ils nous échappent dans la réalité, celle qu’on partage, la vraie. On parle des connaissances, après chaque embarquement, qu’elle qu’en soit la galère. Ceux-là deviendront ceux-ci dans quelque temps. Je, devient autre, à l’épreuve de la rencontre, des rescapés aux naufragés du temps passé ensemble.

En butée, nos difficultés d’être, à l’horizon l’orée du devenir. Mémoire du temps qui passe.

 

1Dans la "contrainte par corps".

Par Cadavre exquis - Publié dans : crainte consciente
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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 14:11

La folie c'est mourir de son vivant, pour autant, on ne sait vraiment que si l'on a tort et l'on a tort que lorsque l'on sait vraiment.

DSC_0016.JPG

Il existe des errances qui sont à la solitude ce que la décrépitude est à la vieillesse.
Un cas particulier.
Orphelin au monde, qui transforme les destins grandioses d'hommes ou de femmes en désertitude.
La vie perd son intérêt si tout est dépeuplé.
L'ennui crie sous silence, et les inconfortables agitations briguent la parole.
Les mots deviennent ces bulles qui montent au ciel et éclatent en fracas insignifiant.
Embarrassés de signes, demeurant incompris.
Interprète de la méprise, entre l'autre et soi.
Seul au monde, abandonné bilatéralement.
Nul ne saisit. "Si c'est personne, alors bas les masques!" 
Inutiles certitudes de la mécompréhension.
Mécomprendre ce n'est ni prendre, ni méprendre.
Il s'agit d'être étranger à soi, à sa mêmeté, en miroir. 
Ainsi va la vie des inconstants, qui méritent notre égard, notre regard.
Compte-tenant de leurs égarements. 
Quand s'habiller du monde ne s'éprouve pas, faut-il penser que celui-ci nous contient tout entier? 
Continuer à vivre, comme l'adaptation nous y résigne, c'est s'apprêter à se manquer soi aussi. 
Exigence de l'impossible, gloire sensible ou sensiblerie.

La lueur ne s'embarrasse pas d'espoir.

Par Cadavre exquis - Publié dans : crainte décalée
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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 17:46

do-you-have-facebook.jpg

... Et même une réponse négative n'effacerait pas les informations qui en émanent sans consentement.

Chacun est libre de choisir ses propres chaines. A l'époque, je ne croyais peut-être pas si bien dire. Je ne pensais peut-être pas qu'on en arriverait là. C'était le temps où l'on pouvait passer une soirée sans s'imaginer que l'on finirait directement, la gueule enfarinée, enivrée parfois, livré aux charognards surtout, errant à notre recherche ou au hasard des notifications et autres liens rivés sur nous tous. Connectés que nous sommes, les uns aux autres, on a fait un premier pas vers l'homme cybernétique. Probablement qu'un jour viendra où l'on pourra "checker son Facebook" directement dans ses restes de cerveau. Simple comme un clic, simple comme une transmission neuronale.

Je cliche et je poste. Un autre tag depuis son ordinateur. La notification parvient immédiatement sur le téléphone... A peine le temps d'avoir remarqué la prise de vue, à la qualité dissoute, pour s'en délecter impuissant. Combien de temps restera-t-elle à l'affiche? Suffisamment pour que le temps la dilue, et pour laisser l'exclusivité passer à autre chose, du reste, sensationnel. Nul doute que l'exhibitionnisme excite le voyeurisme. Alors des milliards de trous de serrures impliquent naturellement des milliards de paires d'yeux. Contemplation d'un spectacle dégradant au profit de... au profit tout court. Nous avons signé pour être des profils ciblés jusqu'à ce qu'on le "suicide". Et ça viendra. Certains prévoyaient depuis déjà 3 ans qu'adviendrait une certaine lassitude dans l'utilisation de Facebook. Quand la balance entre les fonctionnalités et les emmerdements d'une inter-observation penche trop sérieusement du mauvais côté. Au cimetière de Facebook, chacun aura sa stèle, enfin plutôt un bout de mur. 

Idée séduisante au départ, je crois déchanter. On commence par chercher ses anciennes connaissances, on les retrouve ou elles le font. Puis on arrête d'en accepter quand on sait le peu d'intérêt manifesté par ses dernières et réciproquement. Au mieux, on pensera à leur anniversaire. Pire parfois on réfléchit à la notion d'"amis" et on s'aperçoit de l'incompatibilité première entre l'acception d'un profil et le vague souvenir de ce que signifie l'amitié. Dissolution encore là aussi. 

Peut-être que s'inter-contrôler évite de se rencontrer. Ironie du subterfuge ; plus il y a de "contacts" entre nous et moins nous l'exerçons. Concluons que même la dernière liberté fondamentale est régie par Facebook. J'introduisais par l'idée de liberté, la boucle est bouclée, consommée.

 

Par Cadavre exquis - Publié dans : crainte masturbatoire
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Samedi 21 mai 2011 6 21 /05 /Mai /2011 11:42

strauss-kahn_dominique.jpg

Alors, que ceux qui réduisent jusqu'à son nom en trois initiales pourraient bien se garder d'ajouter à ce qui relève d'une enquête, l'opinion de leur mépris. Opinion, quand je devrai dire, normalisation de l'idée qu'on se fait d'un homme. Quand aujourd'hui, ne semble admise la seule culpabilité au régime des possibilités.

Déferlante médiatique qui s'empare de la vie d'autrui pour la briser, en démultipliant le vide qu'elle possède comme unique connaissance des faits. Au lieu de ça, des rumeurs et mystifications autour d'une affaire qui tournent en vase clos dans un monde journalistique qui ne paraît survivre qu'en se satisfaisant d'affaires scandaleuses. Dégueulis et chiures en tout genre regroupés sous le terme "tabloïds" créent la réputation de ceux qui dans l'ombre, restent bien tranquillement à distance. Certain(e)s* se permettent d'y aller de leur expérience avec celui pour qui elles ont parfois obtenu un entretien. Entre fantasme et réalité, le souvenir d'une séduction unilatérale qui prend des allures inconsidérées.

Seuls les lâches tirent sur un homme à terre. Et respecter cela, comme l'instruction en cours et la présomption d'innocence, ne devrait pas encourager ceux qui enfreignent ces règles pourtant essentielles à traiter les premiers de misogynes. Je voudrais pouvoir penser qu'il n'est pas incompatible de concilier le respect d'une procédure juste et les femmes dans leur ensemble. Pas seulement les femmes violées, les femmes prétendument violées, les femmes de chambre, les femmes portoricaines émigrées d'origine africaine comme les mêmes journalistes se sont empressés de préciser. Comme si cette information supplémentaire pouvait moduler la crédibilité que l'on pouvait accorder à une plaignante. Faut-il y comprendre un dénigrement manifeste lorsque l'on affuble quelqu'un de traits visiblement reconnus inférieurs?

Façonner la tête des gens comme des objets manufacturés, sous-produits de surconsommation télévisuelle courante, réduit toute idée contradictoire. La théorie du complot, ou même d'une simple affabulation revient à nier les femmes, revient à faire passer ceux qui la partagent pour des idiots. Des psychologues leur expliquent la théorie de la dissonance cognitive, convoquée arbitrairement, hors contexte, quand ils pourraient plutôt évoquer l'idéologie dominante qui les mettrait davantage en danger. Un pléonasme au 19ème siècle et encore à notre époque, mais le pouvoir a changé. Plus que les politiques, les réels détenteurs sont ceux qui influent sur les masses, la "classe médiatique", dans son aspect globalisé au plus mauvais sens du terme.

Dommage de constater tout de même que ce ne sont bien souvent qu'en ces uniques périodes d'incrédulité, de crise, que la foule s'intéresse à la justice et à la politique. Nul ne sait ce qu'il adviendra de Dominique Strauss-Kahn, mais la crédibilité de ceux qui nous gouvernent, indépendamment d'ailleurs de l'issu de l'affaire, perd encore sérieusement de son éclat.

Fallait-il en parler avant de cette soi-disant propension maladive à séduire? Des psychanalystes auraient alors pu dresser son portrait, au milieu d'autres, dans des magazines à grand tirage, quitte à continuer de se laisser propagée l'idée qu'un "bon psychologue" écrit sur des faits a posteriori, quand réellement un "bon psychologue" ferme sa gueule lorsqu'il ne sait pas. D'ailleurs, nul ne connaît parfaitement puisque chacun doute. Toute vérité n'implique que ceux qui la croient.

Pour autant, n'oublions pas que d'autres avant lui, accusés de faits similaires, pour des raisons différentes, parfois invraisemblables, ont depuis été "blanchis" (jamais réellement, car pour les mêmes raisons évoquées plus haut, subsistera toujours le doute). Il importe de faire jaillir la lumière, mais de laisser au temps de diluer cette affaire, qui au regard de l'histoire tombera peut-être un jour dans l'oubli. Un oubli qui pour les journalistes du monde entier tombe sur tout ce qu'il existe d'autres au monde, qu'ils dénient volontairement pour jouir du plus sordide, au triomphe de l'information sélective.

*Au risque de passer pour sexiste.

Par Cadavre exquis - Publié dans : crainte sociétale
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Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 20:56

"Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger"

Louis Aragon.

Tiananmen050609.gif

L'époque rattrape et dépasse toujours la poésie ; j'éprouve quelque rancoeur à m'en émerveiller. L'histoire se répète et se recommence. La diplomatie à la Française des derniers jours nous en apporte d'irréfutables preuves. Néocolonialisme oblige. Conflits d'intérêts ou conflits et intérêts tout courts.

Quand les révolutions, nous les vivons bien assis, d'autres, les autres s'y astreignent. Nous prenons un ticket pour la suivante que d'autres éclatent déjà. Elles avancent avec le vent des contestations dans leur devenir. Et celui-là, nous l'ignorons, le sens ne se chevauche plus chez nous. Les bafouilles de quelques élites auraient même laissé entendre un contre sens massif. Gageons que l'objectivité ne pouvait être prétendu qu'une fois la trêve consommée. Exotique, c'est plus chic. D'ailleurs, bien de mes semblables auraient ignoré jusqu'à l'existence même de ces états s'ils ne les avaient associés aux photos paradisiaques sur papier glacé, comme leur coeur, sur lesquelles ils se plaisaient encore à s'émoustiller quelques semaines auparavant.

On s'immisce alors dans le sujet qui nous préoccupe, la rencontre et sa variabilité, entre opulence et décontenance. L'hégémonie reste confortable, des siècles plus tard, elle reste prépondérante. Le misérabilisme laisse des traces, bénévolement nôtre. On est déçu lorsque l'on comprend que l'adage "aide-toi toi-même" signifie alors quelque chose. Quand ce n'est pas l'un, c'est nous, jamais l'autre. Nous, c'est le touriste. Pas le voyageur, qui n'a que sa conscience pour lui. Aujourd'hui, il s'inquiète de ne pas pouvoir profiter pleinement du cadre promis par l'éloignement. Le cadre, c'est chez lui, mais ailleurs. Déjeuner à la Française, s'amuser de l'étranger, être servi par l'étrangère. Il y a toujours cette part de soi chez l'hôte. Ceux qui distribuent ces rêves s'affairent d'habitude. Les tracas quotidiens provoqués par les salves des mitraillettes enrayent un peu leurs plans. Jusqu'à ce que l'ambassade même, atténue généreusement la révolte. Et quelle révolte, et quelle ambassade! Un évènement n'est pas la guerre, qu'on s'en souvienne, partons sans crainte, assumons.

Je, nous, les autres jusqu'à l'errance. L'altérité, juxtaposée à la rencontre est bien impossible. L'hypothétique devient définition.

Par Cadavre exquis - Publié dans : crainte révoltée
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Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 15:32

Tout a commencé un jour où j'ai mis les pieds dans un de ces bus. J'avais un peu froid, je me précipitai à l'intérieur mais pas encore assez si l'on tient compte des bousculades que certains se permettent et réussissent pour entrer en tête. La distinction, c'est pour après. J'arrachai péniblement au chauffeur la réponse à un "bonjour" grommelé, l'échange s'arrêta là. Pas même au revoir en sortant.

"C'est cher!
- C'est pas moi, c'est les voleurs." 

tramway.jpg

Comportement authentique dans sa miséritude, chacun y va de son commentaire. Deux euros le ticket dans l'habitacle, voilà l'assurance pour le chauffeur de ne plus jamais rendre les centimes sur des piécettes. Encore qu'autrefois, la monnaie n'avait pas forcément non plus sa place. Sauf qu'avant, c'était du vol, alors qu'aujourd'hui, on parle de vol organisé. Jamais coupables de rien les conducteur et surement pas de ne pas laisser traverser les piétons qu'ils trimballent. 

Dans la catégorie des déplacements invisibles, on a aussi ceux souterrains quand la chaleur sous-terrestre se confond avec celle des humains, des machines ou des "machinalement". Des spectateurs permanents gisant ici et là jalonnent les parcours des pressés qui s'en vont rames après rames dans la pénombre et le bruit fracassant du fer contre le fer. Pendant que d'autres encore restent à quai, des pantins uniformisés de jaune, de gris et de rouge, bien décidés à parquer leurs "amis" à la manière de bergers urbains. Leurs services, donnant lieu à de faibles rétributions contre des horaires décidés arbitrairement, calqués sur la densification des mouvements pendulaires, correspondent bien à la paupérisation du travail. Et lorsque ces personnes sont majoritairement des femmes ou des jeunes, visiblement minoritaires, on réalise que les années 60 n'ont pas été fondamentalement différentes des années 2000.

Un peu plus loin, lorsque les machines recrachent à la surface les paquets de voyageurs, en saccades ou en rythmes, comme une petite musique qu'un bon nombre écoute déjà souvent trop fort dans leurs oreilles en lieu et place des accordéons de la mendicité, d'autres acteurs terminent le bal de la synchronisation du transport en commun. Eux sont noirs, vestimentairement, et séparent la resquille de l'égalité du dépouillement, un peu après les portillons automatiques qui ne se suffisent pas. Cachés quelque part, dans un détour ou un recoin, les cowboys modernes finissent le travail des premiers. Ils mordent à la patte les brebis égarés.

Alors depuis, j'observe, l'errance des âmes et j'écoute leurs discours ostensiblement partagés dans les wagons quotidiens. Je participe à son renouvellement, son épuisement.

Par Cadavre exquis - Publié dans : crainte sociétale
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Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 15:05

Le délai trop important entre les publications d'articles ne correspond pas à l'assurance d'un gage de qualité. Ces quelques phrases qui vont s'en suivre démontrent cela s'il le fallait encore.

ciel_etoile1.jpg

Attendre comme refuser le temps présent. Rien ne se suffit. L'exercice du travail contraint à se défaire de sa propre pensée, les deux restant incompatibles. Pourtant à travers l'insatisfaction de ces moments perdus, l'homme, quand bien même rêvassant sur les sous dont il s'apprête à s'enorgueillir, n'échappe pas au tourment. Qu'importe sa place sur la sellette, chacun cherche à dissimuler sa misère, ou son image, surtout elle, quitte à s'Iphoniser, quitte tout court. L'essentiel dans toute cette mascarade, c'est justement qu'il n'y en a pas. Superflu et super flou.

Se mouvoir un petit peu change de l'immobilisme absolu. On se cherche, on se trouve, on s'efforce et le destin nous façonne. L'habitude, c'est l'admettre ou le tolérer. On changera peu. Le temps nous emporte et autant en emporte le temps, le long des années, toute la vie. A chaque impression, sa trajectoire qui s'origine. Nous sommes tous cet instant figé de nous-mêmes.

Alors, demeurent encore deux manières d'exister dans le ciel de notre inconvenance, se cacher ou fuir, déraisonnablement, échapper ou se maintenir, dernier raisonnement dialectique qui nous échoit.

Par Cadavre exquis - Publié dans : crainte masturbatoire - Communauté : Craintes, mots dits et cadavres exquis.
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Jeudi 4 novembre 2010 4 04 /11 /Nov /2010 08:22

Le blocage d'une université, c'est quand une poignée d'individus sous couvert de la légitimité d'un plus grand nombre décide "d'agir" pour soustraire le droit élémentaire de circuler et d'apprendre à la totalité du lot.

La fermeture administrative désigne le bras d'honneur institutionnel pour couper l'herbe sous les pieds des premiers.

IMG_0262.JPG

En assemblée générale, très usitée ces temps-ci (et oui, mouvement de grève oblige), les propos sont aussi bien structurés que ce matériel de bureau. Tout doit aller très vite mais la réalisation est très lente. En clair, chacun voulant exprimer leurs mêmes absences d'idées, personne ne respecte ni le temps de parole imparti, s'il en est, ni ne daigne écouter les précédentes élucubrations. D'autant plus que les orateurs n'en sont pas, leur rhétorique creuse n'incite pas à suivre le débat. Cela dit, il n'y en a pas. Qu'importe le sujet de discorde, tous (les causeurs) sont d'accord pour invoquer les mêmes éléments abscons et transposables à toute autre mise en oeuvre de cette mascarade : continuer la lutte, la police est hostile, liberté invoquée, bêtise exacerbée... Tous les moyens populistes pour rallier les moins pervertis enrichissent le discours : instrumentaliser le handicap en prêtant le micro à une personne à mobilité réduite pour donner le ton des violences des manifestations (sans aucune autre forme d'argumentation), prétexter la grève des salariés, inciter les mêmes à poursuivre, s'insurger contre les prisons, faire l'aumône pour susciter la solidarité... Séduire si n'est convertir.

Lorsque l'on a plus rien à vomir, que le retard dû aux frasques de chacun, aux luttes de clocher entre les représentants - des 10% d'étudiants exprimés* - se tarissent, qu'au fond les invectives** cessent, qu'une centaine d'étudiants - ayant sans doute d'autres meilleures façons d'occuper leur temps - ont définitivement renoncé à lever la main en désertant l'amphi, les votes débutent enfin. D'abord, les motions, tout un ramassis d'absurdités débitées trop vite pour les rendre un tant soit peu intelligibles, puis la mobilisation, ou surtout l'immobilisation, la grève générale, les navires resteraient à quai selon eux et enfin les actes, l'occupation distinguée du blocage... La lecture de cette partie du scandale démocratique qui s'est jouée à ce moment-là rend prégnante le désinvestissement doublé d'abrutissement des masses en présence. L'occupation est votée mais pas le blocage. Il est certainement cocasse de réaliser ce rêve de dormir entre les bâtiments, en fumant, s'enivrant, minant de refaire quoi que ce soit. Défaire surtout, pour une trentaine d'opportunistes du mot d'ordre qui croient pénétrer chez eux, inscrivant à l'indélébile leur dégoût du système et ceux qui l'occupent, nous autres, qui essayons peu ou prou, de rester accrocher pour éviter le naufrage.

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Telle est la vie à Lyon 2, quelques satisfactions mais surtout cette inertie en refuge pour donner du grain à moudre à ceux qui pensent parfois à juste titre que l'université lumière n'habite que des rebelles sans cause, du pathétique à l'insoumis. Et cette réputation s'incruste comme les inscriptions sur les murs.

 

*l'abstention est une maladie.

**Sodomie et relation incestueuse avec la mère principalement

Par Cadavre exquis - Publié dans : crainte révoltée
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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 19:34

La question lancinante qui trotte dans l'esprit des plus conscients devrait s'énoncer un peu comme ça : "Honnêtement, où - ou plutôt - vers quoi, croyez-vous courir ensemble (mais seul) si vous ne modifiez pas votre trajectoire?"

bloquage-lyon-2.jpg

 

A moi de répondre, naturellement, dans le mûr et à fond la caisse. Souvenez-vous, dans l'avion, tous parés au décollage, bien attachés au siège, les mains moites et la gorge serrée à espérer que tout aille pour le mieux, comme par habitude. Finalement, c'est ce qui se passe, on décolle. Ici, c'est l'inverse, 500 corps gesticulant se prêtent à rêver qu'il se passe pour eux quelque chose et puis rien. Pire, ils chutent avant de s'envoler. Car, la gravité n'est pas sans équivoque, elle pèse aussi.

Chacun fait ses comptes, un an de perdu, trois ans, cinq ans (sans compter les 42 annuités et demi, définitivement, elles). A l'université, à la fac, il existe un système insidieux formidablement hypocrite qui consiste à laisser s'enkyster une majorité d'étudiants leur laissant prétendre qu'ils parviendront à se vautrer en 5ème année et qu'ainsi ils obtiendront leur précieux diplôme. "Qui veut devenir psychologue?" (ou plus impersonnellement, qui veut son Master 2?); et voilà qu'une insoucieuse majorité lève la main perdue au ciel. Car bien entendu et malgré la farouche volonté qui les anime, seul un dixième y parviendra, péniblement, redoublant première année de master, et même au pluriel.

Les raisons à cela? Elles peuvent s'entrevoir et parfois s'interpréter. Elles sont les causes et aussi les conséquences.

L'absence de sélection opératoire, les représentations fantasmées voire la méconnaissance pire le dévouement à coeur perdue, la correction... Autant de motivations pour l'errance, l'enfouissement.

Un décalage abyssal entre compétences "intellectuelles" attendues, démontrées et - osons le dire - réelles... Le nivellement sur le fond par l'absence de réelles évaluations pédagogiques (ou par l'absence tout court) justifie le déni ou l'encourage.

Des moyens bien loin des prétentions et des prétentions bien loin des ambitions... Le tout rend beaucoup trop perceptible la médiocrité de l'ensemble, des diplômes intermédiaires, disons licence et maîtrise... qui n'existe plus sauf pour dans les discours : "A l'époque, on parlait de maîtrise"... Mais aujourd'hui, on parle de M1 ou de niveau M1, ce qui est nettement moins gracieux.

Ici, le mensonge est structurel, encadré, soumis. "Honnêtement" n'existe pas. Il rejoint le manque de respect, comme dans ces réunions d'information pour les stages, animées par la personne la moins compétente et la moins informée possible. Ses réponses oscillent entre "je l'ignore et je débarque". A quand le naufrage? 

La tâche secondaire - si l'on estime que la première est de faire apprendre, ou d'apprendre à apprendre diront certains - c'est de dégraisser. Les méthodes sont grossières, personne ne croit au hasard. A se vouloir ouvert, les courants d'air sont partout. Les bâtiments sont malades et il n'y a pas qu'eux. Les salles de TD sont pleines à craquer, quelques semaines suffiront à décourager une première partie. Tout un flot de voyageurs indécis quittera le radeau, ou plutôt le numéro à 7 chiffres qui leur aura été attribué, entre le choix de la mutuelle étudiante et l'engagement syndicaliste, un jour à la rentrée.

Les mois puis les années défilent et beaucoup d'entre eux choisiront de modifier cette trajectoire de chute propulsée. Car personne n'échoue jamais et c'est en cela une règle - progressiste, sans doute -, en revanche, on abandonne. C'est le moyen le plus sûr pour fabriquer des coquilles vides. Obtenir sa licence sans jamais ni être évalué, ni être reconnu... Et la suite, on l'imagine. Petits boulots deviendront boulots tout court.

Pendant ce temps-là, les éminents professeurs vendent leurs livres aux premières années pendant que d'autres griffonnent les mêmes à la bibliothèque. Souligner des mots, des phrases, des chapitres pour ne pas feindre de les oublier, c'est peut-être là le plus pathétique.

Revient aux moins bien assis de répéter le cours des uns et des autres, mal approprié, parfois redondant, sans exhaustivité ni même complémentarité. Ils observent impuissant les amphithéâtres se vider mais jamais assez, pendant que la foule d'étudiants les regarde, ou plus exactement les consulte par intermittence, entre facebook et le reste.

... La fin, une ou des fins? Tout le monde l'ignore, nous ne sommes que des témoins participants. Reste à espérer, poursuivre, s'encourager dans cette baie des cochons moderne, ne pas se laisser abattre, se refiler les stages... Penser le collègue, compagnon, contemporain, autre ou égal d'une autre manière qu'un concurrent mais plutôt comme un complément. Et qu'à cela ne tienne.

Par Cadavre exquis - Publié dans : crainte sociétale
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